Il paraît que lorsqu'on est amoureux on ne compte pas : ben je confirme...
Au lycée toujours autant curieux envers les femmes, c'est Aurélie qui m'avait charmé.
Cette femme méditerranéenne, brune aux yeux marrons foncés, cheveux châtains longs, taille parfaite aux formes généreuses...celle qui peut être m'aurait fait gouter le plaisir charnel féminin...
A la fête du village ce soir là, elle m'avait dit en chantant « je m'appelle Lolita », « Saber je t'aime » : j'ai été comme foudroyé sur le coup, d'ailleurs je n'ai pas su répondre, j'ai souri...
A la rentrée en 1ère, on était plus dans la même classe, mais toutes les récréations on trainait ensemble : à l'époque elle sortait avec un italiano, bogoss j'avoue.
Mais il n'a pas su y faire, donc il a pris un carton rouge (auquel j'ai volontairement participé et comploté j'avoue !) et j'ai surgit comme un fauve affamé prêt pour dévorer sa proie !
Du moins je pensais la dévorer...
Les mois passèrent et nous nous rapprochâmes de plus en plus, de plus en plus et puis mon c½ur fut emballé : c'était comme si mon c½ur était entre ses mains quand je la voyais, c'était fort.
Un bon matin j'étais décidé, fallait que je fasse quelque chose, je pouvais pas rester sur ma faim ni sur cette fin : fallait trancher.
Pour passer ce message fort, de sentiment, ben oui d'amour, je voulais faire preuve de romantisme, je voulais faire quelque chose que personne ne lui avait jamais encore fait, je voulais me démarquer mais je voulais surtout lui faire plaisir.
Son anniversaire c'était en Avril, le 21 exactement (et oui 7 ans après je m'en souviens encore...), je lui ai donc fait un cadeau.
Il faisait très beau je m'en souviens, pas trop chaud et soleil éclatant : tout pour être bien, avec une copine en plus peut-être alors tout aurait été parfait, mais le sort en a décidé autrement.
2 semaines auparavant, en allant faire des courses, dans le rayon fruits et légumes je m'en souviens encore, à coté des cerises, une lueur m'appelait : c'est petit mais assez lumineux pour le voir.
Je retourne les cerises qui cachent ce soleil, et je saisis entre mes mains une bague en or : waww elle irait bien sur Aurélie !
Le jour de son anniversaire, j'étais heureux comme si c'était le mien, comme si on allait m'offrir quelque chose à moi, j'étais fier de pouvoir offrir un tel symbole à une femme que j'aimais.
En pantalon à pince (attention ça rigole pas !) pour aller en cours : bah oui j'avais pas gène !
La chemise repassée comme si je passais un oral, je m'étais préparé pour qu'entre 15h et 16h, moment où nous n'avions pas cours tous les deux, nous nous retrouvions.
Ce midi au self j'avais pas très faim, le stress surement. Momo qui me connaît d'habitude gourmant avait lui-même capté : « Oh Saber ça va pas ? qu'est ce t'as zebi normalement tu thane (en arabe veut dire textuellement moudre, ici manger avec un sens plus fort où il ne reste plus rien) tout ! »
Et je répondis « non j'ai rien t'inquiète la fatigue surement ».
En cours de 14h à 15h, je n'écoutais rien c'était flagrant « Saber vous êtes avec nous ? » me demandait le prof d'Histoire, qui d'habitude me connaît plus bavard et plus impliqué dans son cours par mes questions.
« Oui je suis bien là monsieur »
Mais aucune question à poser, j'étais ailleurs, je ne voyais personne autour de moi j'étais dans mon nuage en forme de c½ur, j'étais amoureux : l'amour rend donc bien aveugle !
15h fin des cours je me dirige vers notre coin habituel tout souriant, la bague dans la poche que je tenais très fort mais tout de même avec la peur au ventre.
J'aperçois Aurélie avec une de ses copines « et merde ! elle va tout casser elle ! »
Je vais quand même les voir mais perturbé, je ne m'attendais pas à la voir avec quelqu'un, j'aurai souhaité qu'on soit seul.
Sa copine ayant compris nous laisse en disant « je reviens dans 5mn à de suite »
Re merde dans ma tête ! 5 minutes ? Mais pourquoi ? Mon sort est déjà jeté ? C'est juste le temps pour lui souhaiter son annif ? Rien de plus ? Était-ce prévu ? Elles en avaient discuté ?
Toutes ces questions posées en l'espace de 30 secondes c'était trop pour mon petit courage de puceau : « joyeux anniversaire » lui dis-je avec une voix rauque.
Contente elle me répondit « merci Saber c'est très gentil vraiment » et c'est là où j'ai enchainé « ben c'est pas tout fallait tout de même que je t'offre quelque chose » et je sors la bague, je la lui pose dans sa main.
« Waww mais Saber t'es fou ! Elle est trop belle » dit-elle avec des yeux pétillants de joie et un sourire d'enfant.
Elle la passe dans son doigt c'est incroyable elle lui va trop bien « alors elle te plaît ? »
« Tu l'as achetée pour moi Saber ? t'es un amour vraiment » et elle s'approche et me fait la bise de nouveau (entre nous j'aurai préféré un bisou sur la bouche m'enfin...)
« Elle est trop belle et elle me va bien tu as demandé ma taille à qui ? »
« Mais pose pas tant de questions l'essentiel c'est qu'elle te plaise, pas vrai ? »
« Oui tu as raison » dit-elle toujours avec le même sourire et ces yeux pleins de larmes de joie.
Mais voilà que sa copine revient et là pris de panique je deviens tout rouge, j'avais honte, connaissant cette fille elle irait raconter au lycée « Saber a offert une bague à Aurélie ».
Je ne savais pas où aller alors j'ai dit « bon ta copine revient on se revoit plus tard ok ? »
« Merci beaucoup Saber je sais pas quoi te dire »
Voilà qu'en 10 minutes j'offrais une bague à la femme que j'aimais et qu'en 10 minutes je laissais passer ma chance : 1 semaine plus tard j'apprenais qu'elle avait donné la bague à sa petite s½ur.
Blessures, incompréhension, déception et frustration : depuis ce jour je n'ai jamais plus rien offert.